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Avant le 24 octobre 1993 :
La
Maison Shalom n’existe pas certes, mais toute la vie de Maggy
la prépare à initier et développer cette œuvre.
Tutsie,
originaire des collines de Ruyigi, elle est tout d’abord professeur
mais elle est révoquée de la fonction publique car
elle s’insurge contre l’injustice des orientations arbitraires
des enfants. Menacée, elle part pour la Suisse, à
son retour, elle devient secrétaire
de l’évêque de Ruyigi.
Célibataire et fidèle à la tradition d’hospitalité
de sa maman, elle adopte 7 enfants,
hutus et tutsis dont Chloé, qui pendant “les événements
de 1972” avait perdu ses parents. (en 1972, des milliers de
hutus ont disparus, principalement des intellectuels).
Le
Burundi organise en 1993 les premières
élections démocratiques,
pour la première fois, les hutus majoritaires dans le pays
(84% de la population) accèdent au pouvoir. L’armée
reste principalement tutsi et le désordre déstabilise
rapidement le nouveau gouvernement. Le président
Melchior Ndadaye est assassiné
en octobre. Les hutus craignant un génocide
se lancent dans la chasse aux tutsis, des dizaines de milliers périssent
en quelques jours. La famille de Maggy s’enfuit mais elle,
reste solidaire des enfants hutus qu’elle se refuse à
abandonner. Très rapidement la répression et les représailles
commencent. Maggy se retrouve alors littéralement entre deux
feux, les ethnies se déchirent, des maisons sont détruites.
Chacun essaie de se cacher comme il le peut. Maggy estime que l’évêché
est en endroit sûr. Le 22 octobre, elle y trouve refuge avec
plusieurs dizaines d’homme et de femmes, hutus pour la plupart.
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"nous sommes tous
des témoins gênant, certains enfants ont vu des gens
exécutés par des rebelles, d’autres par des militaires”
Maggy
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