Maison des Anges
la Maison Shalom
 
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Vivre ensemble et le pardon

 
Le soutien psychologique
"Hutus, tutsis, twas, nous sommes les mêmes!" se plaisent à chanter les enfants de la Maison Shalom, qui se sont surnommés “hutsitwa”.

"A la mort de mon père assassiné en 72, ma vie est marquée par Maggy, femme tutsie qui m’a accueillie et élevée, moi petite fille hutue. Ils ont tous essayé de la tuer mais ils n’ont pas pu." Chloé (37ans)

"A la Maison Shalom, les différences, ethniques ou religieuses sont sources de richesse, comme des fleurs pour faire un beau bouquet" Maggy

"Je ne veux pas faire l’éloge de Maggy mais j’aurais pu être criminelle si je ne l’avais pas rencontrée et aujourd’hui, j’exprime mon pardon à ceux qui ont assassiné mes parents” Justine (22 ans) - 24 octobre 2003 - témoignage lors de la cérémonie commémorative du 24 octobre 1993 à Ruyigi au Cinéma des Anges : "1001 raisons d’espérer".

Le respect de la religion d’origine
La plupart des gens au Burundi sont catholiques comme Maggy mais à la Maison Shalom tous les enfants sont les bienvenus indépendamment de leur religion. Pour Maggy tout le monde a la même valeur.
"Si je sais que les parents d’un enfant étaient musulmans, j’élève l’enfant comme musulman, puisque c’est ce que les parents auraient fait."
A Ruyigi, il y a une Cathédrale, un Temple et une Mosquée. Plus tard, les enfants peuvent naturellement choisir eux-mêmes. En cas de décès, un enfant est enterré selon sa religion d’origine.

"Tu es comme un arbre précieux qui grandit d’année en année, tout doux, j’irriguerai tes racines non pas de haine ou de rancœur mais d’amour et de fraternité”

Marie-Louise Sibazuri, auteur dramaturge burundaise.
   

Le soutien psychologique
A la Maison Shalom il y a deux psychologues, Prime et Joselyne, et les enfants peuvent venir leur parler autant qu’ils veulent.
"Les enfants se sentent mieux s’ils peuvent parler de ce qu’ils ont vécu plutôt que de les porter tout seuls. Mais ce n’est pas toujours facile de parler de choses horribles, alors on les fait dessiner" dit Prime Joselyne s’occupe plus particulièrement des victimes de viols. Atteinte au droit de la personne humaine, le viol est utilisé comme arme de guerre, avilissante et humiliante pour les personnes touchées.
L’ampleur du phénomène est sous estimé, des fillettes de 8 ans subissent ce type d’agression. La souffrance du viol est agravée par la transmission de MST dont le sida par la discrimination des victimes et l’impunité des agresseurs.
Il faut reconstruire les âmes, pour trouver une attitude digne et responsable dans la vie, s’arracher de la fatalité de la guerre et de la misère qui font tant de victimes.

“Il y a deux sortes de violence, l’effort délibéré en vue d’infliger des souffrances à l’autre : la mort, la cruauté physique, la répression ou l’aliénation de la pensée ; ou à l’usure, quand la structure œuvre inexorablement, sème la mort au niveau
domestique, enferme les hommes dans l’ignorance, les aliène dans une religion ou une langue qui leur sont étrangères.

Johan Galtung extrait des “mondes pour la paix” (ed Mémorial de Caen)

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